Centre Mytro Nunya, une alternative aux politiques institutionnelles

La cour et le tableau noir du centre Mytro Nunya, là où les initiatives prennent vie

Le centre Mytro Nunya est une initiative basée sur le militantisme afin de promouvoir le changement. Pour se faire, le centre, situé dans le quartier d’Adidogomé en face de la congrégation des frères franciscains, s’appuie sur des activités diverses. Togozine, vous livre les motivations et les objectifs d’un des initiateurs de ce centre : Zoul.

Que veut dire Mytro Nunya ?

C’est un nom en mina qui signifie, penser autrement.  Personnellement, je pense que la clé pour réussir le défi du changement au niveau individuel et collectif réside dans le changement de mentalité. Le centre est orienté vers toutes les populations, mais en particulier la jeunesse car elle est plus enclin à des réflexions introspectives, et plus victime des dysfonctionnements de la société capitaliste dans laquelle nous vivons.

Comment vous est venue l’idée de créer ce centre ?
Il faut dire que toute ma vie, j’ai beaucoup participé à des rencontres et divers colloques sur les besoins de changement et de prise de conscience des populations pour un meilleur devenir. Cela me conduit littéralement à tirer une conclusion : un autre monde est possible, ce qui se traduit dans le fait de trouver des manières alternatives de changer le monde. Ce centre est donc le fruit de 15 années de réflexions. L’idée directrice du projet est partie du constat que la majorité des gens ne savent pas à quelle sauce ils sont mangés. Alors il faut priser l’information qui selon moi est le chemin de l’émancipation. Donc nos voies d’action sont principalement les recherches, les consultations et les publications.

Quelles sont les activités du centre ?
Nous sommes avant tout un centre de recherche et d’information. Nous disposons d’une bibliothèque composée de 300 ouvrages de sciences politiques et d’information en générale. Nous faisons aussi des projections de films suivies de débats et de conférences et nous organisons sur la scène du centre, des concerts qui font appel à des artistes conscients, et engagés en particulier. Mais déjà, il y a une dynamique, donc une petite réussite. La création du centre est déjà un grand aboutissement. Toutefois, nous ne sommes qu’au début et les meilleures choses restent à venir.
On accueille aussi des groupes de musique pour leurs répétitions, et nous prévoyons d’organiser des expositions et festivals dès cet été. Un café, un restaurant et une boutique sont en projet pour la promotion et la commercialisation des produits locaux.

Quelles activités avez-vous déjà effectuées ?
Un festival de films sur le climat, un concert live avec un groupe d’Afro- jazz de la capitale Ablafo et la chanteuse Djenny Djella. Le 27 avril dernier nous avons organisé une journée de travail et de réflexion autour du thème : bilan des 50 ans d’indépendance. Nous avons aussi fait, entre autre, un atelier autour de la réalisation, du montage et du tournage vidéo  sur le quartier d’Avédjivi. A noter que les gens sont très enthousiastes vis-à-vis de ces différentes activités. On sent un accueil favorable. Mais les jeunes ne viennent pas lire régulièrement les bouquins, et pour les activités payantes, ils se plaignent. Ce n’est pas évident de trouver un modèle durable qui convienne à tous.

Avez-vous besoin de subventions pour agrandir le centre et améliorer vos prestations ?
Pour les subventions, je pense qu’elles sont une logique dangereuse. J’ai investi des fonds personnels, économisés en France pour la conception de ce centre. Toutefois, je ne suis pas foncièrement contre les subventions quand ça vient de sources éthiques claires. En plus je ne voudrais pas être sujet à des ingérences de la part de potentiels bailleurs. C’est sûr qu’on a tout de même besoin de soutiens.

Comment compter vous effectivement faire vivre le centre ?
L’aspect lucratif est subdivisé en trois volets :
– Développer des activités dans le domaine de la production agricole
– Accueillir des volontaires étrangers, en organisant des camps et chantiers
– Instaurer une meilleure dynamique de concerts qui peuvent être rentables.

Disposez-vous de partenaires ?
Oui, il y a des partenaires informels qui sont avec nous tels que : le Groupe ALTERNATIVE NIGER , le centre Norbert Zongo au Burkina, PAPDA à Haïti, l’association Survie en France , Ressources d’Afrique au Canada, le réseau CADTM et l’ AIPO (Association pour l’Interpellation Populaire Organisé) au Venezuela.
La bibliothèque est ouverte du lundi au samedi de 10H à 16H, et à chaque fois qu’une activité est organisée (soirées et week-ends). Ses activités ont débutées en Avril 2010.
Infos complémentaires sur www.mytronunya.info ou au 081.25.38.

Illustration FlickR Benkamorvan


avatar Soumis par le 2 Jun 2010 dans la/les categories A La Une, Actualités, Arts, Culture, Loisirs. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

Vos Commentaires et Reactions

Qu'en Pensez Vous?... 1 Reaction deja “Centre Mytro Nunya, une alternative aux politiques institutionnelles”

  1. avatar
    Elom

    Emancipate your self from mental slavery… Courage !!!

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