Cheveux naturels, un mouvement en marche

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Cheveux naturels, un mouvement en marche
Cheveux naturels, un mouvement en marche, illustration de Laurent PIRAM

Les cheveux naturels, ce n’est plus seulement pour les jeunes écolières

explique une togolaise qui ne défrise plus ces cheveux depuis 4 ans. Ceci étant dit, il est nécessaire de faire une explication de texte. Une recherche sur Google du terme «cheveux naturels» renvoient inévitablement sur un site de vente de mèches que l’on peut trouver moins chers à Assigamé. Pourtant, un nouveau courant prend de l’ampleur. Dans la communauté noire, ce terme n’est pas associé aux prothèses capillaires que les togolaises affectionnent mais aux cheveux crépus ou bouclés n’ayant subi aucun traitement chimique.

Adieu défrisages, curly et autres crèmes assouplissantes pour les nappy, contraction de Natural Happy comme ce mouvement se définie aux Etats-Unis. Signe d’activisme politique dans les années 60-70, les cheveux naturels ont remis au goût du jour par plusieurs artistes américaines comme les chanteuses Erika Badu et Jill Scott qui arborent fièrement leurs afros. Rita Dominic, actrice nigériane est connu pour ses films et pour son style afro.

Pour les communs des mortelles qui ne soulèvent pas de foules à leurs passages, Internet est un levier de communication. Leila Noelliste édite le blog anglophone bglhonline.com et la bloggeuse Afrodescendante officie en français sur crepueetre-belle.blogspot.com. Des femmes anonymes publient des vidéos sur le site youtube et partagent des techniques et des astuces pour prendre soin des cheveux crépus quelques soient leurs natures. Certaines d’entres elles comme Prettydimples01et Kimmaytube se sont fait un nom sur la toile. Elles ont ensuite fait de leur passion leurs métiers en se lançant dans la coiffure ou la vente de produits capillaires. D’autres mettent en place des groupes de réflexion. Samantha Jb a ainsi crée en 2010 l’association Nappy Party qui milite pour la revalorisation du cheveux crépus au naturel et dispose d’un groupe sur facebook pour relayer son action. A la foire de Paris, pour la première fois , plusieurs stands sont dédiés à l’association Boucles d’Ebène qui met en avant des artisans et marchands au service de la beauté de la femme noire au naturel.

De plus en plus de togolaises prennent soin de leurs cheveux au naturel. L’accès à l’information ouvre d’autres perspectives mais elles se tournent aussi vers leur propre héritage. Elles réapprennent les gestes que les femmes faisaient pour s’occuper de leurs cheveux au quotidien avant l’arrivée du défrisage chimique.

Yawa

Illustration par Laurent  PIRAM

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