Christianisation de la tradition en Pays Kabiye

“Akpéma” (singulier : akpénu), est un rite d’initiation de la jeune fille kabiyè ; ceci lui permet de rentrer dans la vie adulte et peut prétendre au mariage. Akpénu subit ce rite à l’âge de 18-20 ans.

Conscient que cette initiation est ancrée dans le sang, l’esprit et dans le coeur du kabiyè comme celui du jeune kabiyè (Evala, Kondona…), l’église catholique en a décidé que cela se fasse autrement.

Sous l’initiative de feu père Adjola Raphaèl et agrée par le Vatican ces cérémonies furent introduites à l’Eglise catholique depuis les années 60. Elles n’ont pas été régulières tous les ans car le père Adjola a subit avec son église les intimidation des traditionalistes au nombre desquels on a le feu président Eyadéma Gnassingbé qui ne voulaient pas en entendre parler. Le père Raphaël a été persécuté à maintes reprises paraît-il, mais il a vaincu d’où sa célèbre citation « Crois en Jésus et tu vaincras ». Il a cru et il a vaincu. A partir de 1976, la tradition est restée au rendez-vous chaque année avec l’église.

Ainsi, ce 29 juillet 2011 les fidèles catholiques de la commune de Kara, ceux de Kétao et de Sirka se sont retrouvés à la cathédrale de Kara pour la messe de rite initiatique. Traditionnellement ce rite se fait dans les deux semaines qui suivent celui des Evala dans le mois de juillet. L’Eglise reste cette Chronologie. Cette messe d’initiation est dans les autres paroisses de la région (en pays kabiyè) après l’ouverture de la cathédrale. Après trois jours de retraite enfermée, la centaine de jeunes filles, candidates à ce rite à l’église étaient déjà mobilisées par leurs familles, leurs proches parents et les fidèles déjà pour la messe. Cette retraite instituée est une occasion d’intenses prières, de méditations, d’instruction et de conseils pratiques sur le mariage et la vie adultes future.

La messe s’est déroulée dans une ambiance de fête. Comme le dit le Seigneur Jésus-Christ dans l’Evangile : « je ne suis pas venu pour abolir la loi des prophètes mais pour la parfaire », c’est croyant en cette parole que l’église locale, loin de d’interdire ou d’abolir la tradition a cherché plutôt à la « christianiser ». On voit là un moyen habile de détourner l’homme de sa tradition sans le frustrer. Mais les églises sœurs n’ont jamais cessé de crier au scandale, mieux au blasphème si on n’exagère pas. Elles trouvent inadmissible de conduire la tradition à l’église. En fait, ces rites n’en sont pas uns. Pour preuve les vraies initiatiques (les étapes, les sacrifices dans les sanctuaires) sont substitués par les prières et bénédictions à l’église.

Est-ce la meilleure manière ? Sachant comment il est difficile de défaire l’homme de sa mentalité qui l’attache à ses ancêtres. Les églises sœurs emboîteront-elles l’église catholique ? Jusqu’à quand les traditionalistes vont laisser continuer cette pratique ?

NB: Il faut dire que cette année il a été refusé aux filles de Kouméa de faire leur Akpéma à l’église au cas où elles le feraient ce ne serait plus la peine de suivre les autres Akpéma sur le lieu du marché qui est considéré comme sacré.

Source: http://karainfo.blog.fr/


avatar Soumis par le 16 Aug 2011 dans la/les categories A La Une, Événements, Société. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

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