Commémoration du 5 février 7 ans après l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir

Ce 5 Février 2012, les Togolais se souviennent de la mort du Général Eyadéma, ancien Président du Togo. Le 5 Février 2005, le président du Togo d’alors mourrait. Ce jour vers midi, les rumeurs circulent « Le président Eyadéma est mort ». Un peu plus dans la soirée confirmation totale. Le premier Ministre devant les caméras de la télévision nationale déclare que le Togo vient d’être frappé par une catastrophe nationale. Le Général Eyadéma est vraiment mort. Un silence s’abat sur la Capitale.

Que pouvait retenir tout le peuple de son Président qu’il vient de perdre ? un président qui a régné sans partage de 1967 à 2005 ?Cette question n’avait pas encore trouvé de réponse avant que l’armée ne confie le pouvoir à Faure Gnassingbé, fils du défunt président. Il démissionnera sous la pression de la rue et de la communauté internationale et se positionnera pour les élections présidentielles du 24 Avril de la même année. Ce qu’il remportera mais avec des contestations dans la rue. Que pouvait retenir le peuple du Général ? Les routes et les écoles comme lui-même l’avait signifié lors de sa campagne des élections de 2003. Le peuple pouvait aussi retenir que sous le magistère du Général Président, le salaire le plus était à 13 mille fcfa, et la rupture de la coopération UE-Togo était chose effective.

En venant au pouvoir en 2005, malgré son élection contestée par une grande partie de l’opposition Togolaise, certains Togolais voyaient en Faure Gnassingbé un Président jeune et dynamique qui pouvait changer la vie de ses concitoyens. 5 ans après, ont-ils obtenu satisfaction ? Difficile à répondre car le niveau de vie des Togolais n’a considérablement pas évolué. La crise frappe fort. Mais certains observateurs avisés de la politique Togolaise laissent entendre que Faure Gnassingbé ne pouvait mieux faire car en 2007 il a réussi selon eux à organiser des élections législatives sans violences, ce qui a permis le retour des institutions de Breton Woods, la reprise de la coopération avec Bruxelles, l’élaboration du Document stratégique pour la réduction de la pauvreté et la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti à 28 000 fcfa.

Ces même observateurs font aussi allusion aux travaux de réfections des routes, de constructions de nouvelles routes constatés ces deux dernières années au pays, aux travaux de la commission vérité Justice Réconciliation, mise en place par le Chef de l’Etat en vue de faire la lumière sur les actes violence que le pays a connus de 1958 à 2005, Commission qui a écouté l’année dernière en audience publique, privée et in caméra certains témoins, victimes et présumés auteurs de certains actes de violence.

7 ans après son arrivée au pouvoir , même si le camp présidentiel et quelques observateurs et simples Togolais se félicitent de l’avancée diplomatique que le pays réalise avec son élection comme membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, et la dernière visite de la secrétaire d’Etat américaine au Togo, ça ne va pas chez certains. Quelques Togolais trouvent à peine un repas par jour. Les produits de première nécessité sont difficilement accessibles. Le panier de la ménagère reste toujours menacé. Les Etudiants, les Médecins, et encore les travailleurs expriment leur désarroi, certains tout bas et d’autres tout haut pour se faire entendre.

7 ans après son arrivée au pouvoir, les syndicats demandent au Gouvernement de respecter toutes ses promesses inscrites dans le cadre du Conseil national du dialogue social. 7 ans après son arrivée au pouvoir, son demi-frère purge sa peine en prison pour atteinte à la sureté de l’Etat. 7 ans après son arrivée au pouvoir, le CPDC cadre chargé de proposer des réformes constitutionnelles et institutionnelles poursuit ses travaux, propose de transformer la Commune de Lomé et la Préfecture du Golfe en une grande circonscription électorale unique pourvue de 9 sièges à l’Assemblée nationale, d’attribuer un minimum de 2 sièges par préfecture, de prendre en considération les critères de démographie et de superficie en vue de corriger des inégalités constatées. 7 ans après son arrivée au pouvoir, le CPDC propose que le nombre de siège des députés à l’Assemblée nationale soit porté de 81 à 85 ou 87. Bilan aussi !

7 ans après son arrivée au pouvoir, le même CPDC propose de limiter le mandat présidentiel à deux. Ce qui autorise Faure Gnassingbé à se présenter encore aux élections présidentielles de 2015 au nom du principe de la non-rétroactivité de la loi. Ce qui suscité déjà des réactions vives de certains acteurs politique et de la société civile. 7 ans après, 7 ans après, 7 ans après et 7 ans après son arrivée au pouvoir, les Togolais voudraient régulièrement écouter leur président leur parler.


avatar Soumis par le 14 Feb 2012 dans la/les categories Chroniques. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

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