Enseignants-Eleves-Gouvernement: Greve, Manifestations , répressions, et promesses dans le milieu de l’éducation au Togo

Dans un article publié le 14 Décembre 2011 dans sur le site RepublicofTogo.com, le gouvernement annonce que “Les autorités entendent rassurer le monde scolaire; les enseignants, les élèves et leurs parents. Lors du conseil des ministres qui s’est tenu mercredi, le ministre des Enseignements primaire et secondaire et de l’Alphabétisation a fait le point sur les négociations engagées avec les syndicats après les préavis de grève déposé par la coalition des Fédérations des Travailleurs de l’Enseignement du Togo et la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale.” Et dans le reste de l’article on peut lire qu’il y aura entre autre “L’inscription sur le budget 2012, d’un crédit de 150 000 000 de francs pour la revalorisation de primes des examens, soit une augmentation de 20%.” Mais d’ou vient la nécéssité de telles promesses? (lire la suite)

D’apres Ajavon Elvis “Le système éducatif du Togo à l’image de la société globale a besoin de réformes adaptées pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. Pour Elvis Ajavon, Ajavon, qui a travaillé près de 20 ans au ministère de l’Education Nationale en France et qui est Chevalier des Palmes académiques, l’absence de cadres qualifiés et de matériels didactiques adaptés ont fait du système éducatif un instrument de sous-développement […] L’école togolaise est en crise, et en pleine déliquescence, assure Elvis Ajavon. Les Togolais se battent pour l’avènement de la démocratie en tant que système politique capable de favoriser la conquête de leur indépendance. L’indépendance ne se résume pas à une simple proclamation. Elle se construit à travers un projet de développement national visant à relever les défis du monde moderne.”

En Mai 2011 et ce pendant deux jours consécutifs, les étudiants ont décrié leurs mécontentements en organisant une Assemblée Générale sur l’initiative du MEET pour définir des stratégies pour revendiquer leurs droits concernant le système LMD (Licence-Master-Doctorat) et l’octroi des bourses.

Source: Wilfried Toussiné

Le 7 Décembre 2011, les étudiants de l’université de Kara (environ 420 km au nord de Lomé) protestent contre le nouveau système des bourses instauré par l’état et dénoncent les conditions précaires d’étude et de vie. Ces manifestations qui constituent une première dans le fief du clan au pouvoir, tournent à l’affrontement avec les forces de l’ordre, occasionnant la sequestration du préfet et des dégats matériels sur les batiments publics

Un etudiant de Kara aurait envoye une lettre a Mr Gerry Taama dans laquelle on peut lire “Ils disent que nous avons cassé des choses. Hum ! Nous n’avons encore rien cassé. Ce qui s’est passé ici à Kara, c’est le commencement. Comment vous pouvez comprendre que nous, vos enfants, vos petits frères, on nous impose quelque chose qui va détruire notre avenir, nous on manifeste pacifiquement, et on enferme nos délégués, on nous envoie les militaires nous gazer. Tout ça a commencé avec notre président, M Tchagbélé. Moi, je n’ai jamais vu un homme méchant comme ça. Il n’y a pas de restaurant universitaire. Tous les étudiants mangent au bord de la route. Même ici, sur le campus, il y a une école primaire (je vous jure que c’est vrai) et en récréation, on se retrouve avec les petits à acheter Ayimoulou. Alors qu’il n’y a pas de restaurant, lui, il se promène partout pour dire que le restaurant fonctionne. ” (lire la suite)

Le Gouvernement a décidé, le 08 décembre dernier, la fermeture de ces universités ( Kara et Lome) jusqu’à nouvel ordre.

Sylvio Combey rapporte que ce vendredi 09 décembre, c’est au tour des élèves de Sokodé de « savourer » les grenades lacrymogènes. Ces élèves, en réalité manifestaient tôt ce matin en solidarité à leurs enseignants qui observent déjà un mouvement de grève de 48 heures pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Et comme on pouvait s’y attendre, ils ont été arrêtés dans leur élan par des policiers et gendarmes avec des grenades lacrymogènes. (lire la suite)

Source: Sylvio Combey

Le 12 Decembre, Koaci.com rapporte que ” Officiellement, il s’agit d’un mouvement d’humeur d’enseignants et d’élèves. Les premiers réclament à l’instar de leurs collègues sur l’ensemble du territoire, le reversement de leurs cotisations à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Les seconds disent soutenir leurs enseignants. Ce lundi dans la matinée, les manifestants ont occupé la principale route qui mène au nord. « Ca bouge à Sotoboua, les élèves et les enseignants sont en grève. Ils sont dans les rues en scandant, le Togo à des problèmes ! ». Telle est l’alerte parvenue à la rédaction de Koaci.com à Lomé ce matin. Aux environs de midi, nous apprenons que la résidence privée du préfet a été attaquée, de même que la préfecture. Ce dernier a réussi à prendre la poudre d’escampette. Des renforts sont dépêchés de Sokodé située à environ 50 km au nord de Sotoboua, pour disperser les manifestations. (Lire la suite)

Ce meme 12 decembre, Diastode.org rapporte que “Dans une récente déclaration, le Syndicat des enseignants du supérieur du Togo (SEST) fait part de la fermeté et de la rigueur qui seront désormais les siennes, face à l’humiliation que des étudiants feront subir aux enseignants ou membres du personnel administratif et technique des universités. Le Secrétaire général dudit syndicat, Professeur Goeh Akué Adotévi, par ailleurs, Directeur de la formation doctorale à la Faculté des lettres et sciences humaines (FLESH) de l’Université de Lomé déclare que «les enseignants et le personnel administratif et technique, ont parfois été agressés lors des manifestations estudiantines.

Face à cette situation déplorable et intenable, nous déclarons: Nous ne tolérerons plus que des étudiants s’introduisent dans des amphis et sur les lieux de travail pour nous sortir manu militari et sans égards à nos rangs. Nous n’entendons pas continuer de subir cette atmosphère qui entrave toutes les années le déroulement normal des affaires académiques nous empêchant de jouir de nos droits aux vacances pour raison de modifications permanentes de calendrier.” (Lire la suite)

Le  13 Décembre 2011, Koaci.com rapporte que “c’est le domicile privé de l’ancien ministre des finances, Payadowa Boukpessi, qui a fait les frais de la vague de dégradation des biens publics et privés, qui s’est emparée des élèves. Situé à Adjégré (Environ 250 km de Lomé), le domicile de l’actuel député de la localité, a été partiellement saccagé. En particulier, les vitres ont volé en éclats sous l’effet des jets de pierres. D’autres cibles publiques ont subi la furie des manifestants, a signalé à la rédaction de Koaci.com, un habitant contacté sur place.« La nationale n°1 a été bloquée pendant longtemps. Les élèves jouaient au chat et à la souris avec les forces de sécurité qui faisaient usage de grenades lacrymogènes », nous a confié un cadre de l’administration en mission dans la région septentrionale, qui a dû attendre pendant plus d’une heure. « Finalement, des renforts sont arrivés, mais c’est suite à des discussions avec les élèves que la situation a été décantée », a-t-il relevé.” (lire la suite)

Les  13 et 14 Décembre 2011 des lycéens de Lomé manifestent pour réclamer le retour de leurs enseignants partis en grève. Ils manifestent et bloquent la route nationale n° 2 à Adidogomé, alors que la police intervient avec des gaz lacrymogènes dans l’enceinte du lycée.

le 15 decembre 2011, Republicoftogo.com s’indigne “Les violences de la semaine passée à Kara et, dans une moindre mesure à Lomé, et les quelques manifestations de lycéens – dont certains ont à peine 10 ans – sont savamment exploités pour tenter d’accréditer la thèse d’une révolte populaire menée par les jeunes.  Dans la réalité, on est fort heureusement loin de tout ça.La grogne des étudiants porte sur le nouveau régime des bourses universitaires. Le gouvernement a sans doute mal expliqué les tenants et les aboutissants de la réforme ; il a d’ailleurs lui-même évoqué un « véritable malentendu ». Les discussions avec les syndicats étudiants devraient lever toutes les ambiguïtés sur un système pour lequel l’Etat a budgétisé 5,5 milliards de Fcfa, ce qui n’est pas rien. Quant aux manifestations organisées ici et là par les élèves de collèges ou de lycées, elles entendent réclamer le retour de leurs professeurs dans les salles de classe.  Ces derniers exigent une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Des revendications acceptées par le gouvernement.” (lire la suite)


avatar Soumis par le 15 Dec 2011 dans la/les categories Actualités. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

Vos Commentaires et Reactions

Laissez Vos Commentaires Ici



Rejoignez-Nous Sur Togozine











Log in | Born of the vision of Eryck



BACK TO TOP