Conversations avec des Togolais : Gerry Taama

Dans sa rubrique d’entretiens avec les jeunes entrepreneurs, professionnels, artistes qui œuvrent de manière collective ou personnelle au développement du Togo, Togozine s’entretient avec Gerry Taama de Jaguar Security et rédacteur du blog Terres Togolaises.

Gerry Taama

Qui est Gerry Taama? d’où venez vous et quel a été votre parcours jusqu’ici?

Pour le nom et le prénom, je vois que c’est réglé. D’où je viens, du Togo bien sûr(rire). Bon, pour être sérieux, je suis aujourd’hui responsable d’une société de sécurité, en même temps que exécutif d’une agence de communication qui se spécialise aujourd’hui dans l’édition. Par ailleurs, je suis officier en disponibilité, en fait, en non activité des Forces armées togolaises. Mon parcours universitaire va d’une licence  en sociologie à l’UL, à une maîtrise en droit à Saint-Cyr, concomitamment à l’obtention du diplôme de cette école. Il faut tout de même signaler que j’ai un profil scientifique.

Quels travaux de fond effectuez-vous sur le terrain pour aider au développement du Togo?

La question ainsi posée, je ne vois pas comment répondre. D’abord, je suis là essayer de m’aider moi-même dans un premier temps, ce qui est assez difficile dans notre pays, où la morosité vous prend à la gorge, surtout dans les affaires.

Pour dire vrai, ce que je fais en premier, c’est d’être un cobaye. Depuis que j’ai pris mes congés de l’armée et que je me suis lancé en entreprise, j’ai accumulé une assez grosse expérience que je partage, autant de fois que je le peux, avec les jeunes. Il est crucial de leur insuffler l’esprit d’entreprise, et l’ambition de la gagne. Je vais vers les jeunes, et je leur parle de mon vécu.

Autrement, ma société de sécurité, qui fait aussi beaucoup de formation, aide à l’insertion des jeunes dans le secteur de la sécurité. J’en suis à plus de 80 jeunes recrutés, et qui travaillent aujourd’hui dans des sociétés de la place. Je fais souvent de l’évènementiel, par exemple, j’ai assuré la sécurité du dernier Prix Découvertes RFI à l’Hôtel Sarakawa. 150 éléments en tout. En plus de mes professionnels qui composaient la moitié de l’effectif, l’autre portion été constituée par des étudiants, que je recrute et que je forme pour l’emploi. Je continue à le faire pour tous les évènements que je sécurise, et ça se passe très bien. J’ai été étudiant à Lomé. A l’époque, je faisais Zed (conducteur de moto-taxi, ndlr) et je sais la valeur de l’argent quand on est sur notre campus.

Pour finir, je suis en train de montrer ma maison d’édition, pour contribuer au rayonnement du patrimoine togolais à l’échelle planétaire.

Que s’est il passe pour catalyser la mise en place telles structures?

Comme je l’ai dit, la mise en place de ces structures ne visent avant tout que mon intérêt personnel. Je n’aime pas l’humanitarisme débridé dont on fait preuve en Afrique. Je monte des sociétés pour faire du profit. Nous sommes dans une société libérale.  Ensuite, si en réalisant mes économies, je contribue à la réduction du chômage, j’en suis heureux.  Il faut que nous soyons clairs la dessus. Notre problème sous nos cieux est que tout le monde donne l’impression qu’il fait de l’humanitaire, alors que la réalité en est loin. Par contre, si un jour je produit suffisamment de richesse pour me transformer en mécène, là, je serai alors assez utile à la misère du monde. Mais il faut produire la richesse d’abord, avec de la partager.

Le premier bilan est qu’après 50 ans, nous sommes encore debout. Nous l’avons encore notre indépendance, et je crois que c’est déjà une victoire. Le 27 avril, pour être franc, ne soulève pas un émoi inextinguible en moi. Je crois que je l’aurai vécu que je n’en parlerai pas ainsi. Pour moi, c’est qu’il y a peut être eu trop de 27 avril passés à la trappe, et qu’il est peut être temps de rattraper.

Bilan ? S’il fait en établir un, c’est que nous avons mis cinquante ans à chercher notre voie. Maintenant, il faut qu’on la prenne.

Votre blog est cité au sein de la diaspora comme source d’idées fraîches et d’opinion différentes sur le Togo, quelle est la motivation derrière ce blog?

Je suis heureux que mon blog, qui s’appelle désormais terres togolaises suscite un tel intérêt.  En ce qui me concerne, j’ai toujours entretenu un journal. Le blog est un journal, je n’ai fait qu’exporter sur le web ce que je laissais dans les cahiers. Si vous observez les mouvements du blog, vous constaterez que les tout premiers posts étaient plus des billets d’humeur. C’est vrai que par la suite, j’ai joué un peu à l’analyste politique. C’est peut être ce qui suscite un certain engouement. Mais en dehors de partager mon vécu, il n’y a pas d’autres objectifs derrière.

En ce temps de la célébration du 27 Avril quel est votre bilan sur le Togo? Que représente cette date pour vous?

Je m’interdis de porter un jugement quelconque sur nos aînés, nos parents, nos grands parents qui ont conduits la destinée de notre pays. Je ne récriminerai personne car la responsabilité collective est nôtre, dans la situation où nous sommes en ce moment. Je n’accuserai point car je sais que les conditions d’exercice de la citoyenneté n’étaient pas optimales. Certains même ont cru bien faire, et d’autres y sont parvenu. Qu’en  savons-nous, et qui sommes-nous pour les juger?

Moi, je me refuse à indexer qui que ce soit, car c’est de nos parents qu’il s’agit, et chez moi, nul n’accuse son père de n’avoir pas bien tracer les sillons au champ. Le fils se munie plutôt de sa charrue et va redresser les lignes.

Togozine vous considère comme l’un des leaders de demain, pouvons nous compter sur vous pour continuer la marche sur laquelle vous êtes engage et aider demain au développement du Togo?

Je suis flatté par l’honneur que vous me faites, mais le développement du Togo, c’est aujourd’hui, maintenant, tout de suite. Et il n’y a pas un manuel d’utilisation pour contribuer au développement du pays. Il faut travailler, c’est tout. Quel que soit le domaine, sauf lorsqu’il s’agit d’activités illicites,  le travail rapporte au pays, et contribue à son développement.

Avez vous un message pour nos lecteurs et pour le Togo?

D’abord un message à l’endroit de Togozine. Votre opiniâtreté est exemplaire, et la sortie de ce magazine constitue un élément de plus de l’intégration du Togo à l’échelle planétaire. Je vous présente toutes mes félicitations.

Un mot au lecteur. Allez, chers amis, vous tenez-là un spécimen rare. Ne le galvaudez-pas. Prenez-en bien soin.

Pour le Togo. Allez, je crois qu’il n’y a qu’une phrase : Les beaux jours sont devant nous. Allons à leur rencontre.

Je vous remercie bien chaudement.

Propos Recueillis par Eryck Dzotsi


avatar Soumis par le 25 Apr 2010 dans la/les categories Indépendance du Togo, Interviews. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

Vos Commentaires et Reactions

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  1. avatar
    Atsouvi Ewolia

    Le Togo est en de bonnes mains avec des gens comme ce monsieur Gerry. Ca faut chaud au coeur de voir une telle integrite. Du courage Mr Taama

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