Inondations et métiers occasionnels

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Les innondations poussent à l'innovation et créer des métiers
Les innondations poussent à l'innovation et créer des métiers

Les inondations à Lomé n’ont pas fait que des victimes. Certaines personnes ont su par un certain génie se créer de petits métiers.

Ainsi de Baguida à Anfamé, du bassin de Zio aux rives de la débordante lagune de Bè, bref toutes les zones inondées de la capitale Togolaise, des groupes de jeunes organisés s’activent pour aider les populations sinistrées à vivre malgré eux cette calamité. Accordons donc plus d’importance aux piroguiers de Baguida, aux ingénieurs en herbe, aux pousse-pousse ferry du TP3.

Les piroguiers de Baguida apparurent dès les premières heures de l’inondation.

Ils aident les populations à déménager des lieux qu’ils ont surnommé les Ganvié togolais du nom du célèbre village lacustre béninois. La plupart des pêcheurs qui sont des jeunes issus des périphéries de la zone portuaire, transportent des hommes et des marchandises vers des lieux plus secs moyennant 100 francs par personne. Les chiffres d’affaires journalièrs peuvent avoisiner 700 000 FCFA. Toutefois faisant un travail à caractère humaniste, il arrive que ces jeunes hommes transportent bénévolement certaines familles qui ont tout perdu. Quelques dizaines de jours après le début des inondations le nombre de piroguiers qui était considérable a amplement diminué et seuls quelques uns restèrent pour assurer le transport entre les deux rives de ces amas d’eau.

Des ingénieurs en herbe.

Ils n’ont pas fait d’études d’ingénieries mais ces jeunes sont arrivés à construire des ponts qui permettent à ceux qui en ont besoin de traverser les eaux inondées sans trop de souffrances.
Que ce soit à Baguida, Anfamé, Adakpamé ou Zorro bar, ces ponts construits avec des bois récupérés ici et là par ces jeunes aidés par des menusiers s’étendent généralement sur 100, 150 voire 250 mètres n’ont rien à envier aux ponts de bétons construits par les ingénieurs professionnels. 25 francs par passage, c’est le prix à payer pour bénéficier de ce joyau mais toutefois un traitement spécial est réservé aux riverains qui utilisent le plus ces ponts. Interrogé sur la rentabilité des ponts, un des responsables du pont affirme récolter plus de 7 000 francs par jour qu’ils se partagent mais qu’ils sont constamment en conflit avec les autorités qui leur réclament des impôts.

Les ferry pousse-pousse

Nous sommes au terminal portuaire numéro trois (TP3) et comme à l’accoutumée, nous nous acquérons les droits d’entrée qui sont de 300 francs, mais que ne fut pas notre grande surprise quand nous fûmes rentrés et que nous avons vu une grande retenue d’eau qui bloquait l’accès aux étalages et dans laquelle les douaniers soigneusement bottés contrôlent et taxent les marchandises… Impossible de passer. Mais fort heureusement une cinquantaine de jeunes s’activent par des va-et-vient autour des clients avec leurs pousse-pousse tels les ferry qui jonchent les bords de la mer Rouge en Egypte moyennant 50 francs par personne, soit 100 francs l’aller et le retour.

« Par jour nous pouvons avoir 6000 et 10 000 francs mais nous devons payer 2 000 francs comme taxes aux douaniers » nous a déclaré l’un de ces jeunes.

Malgré les difficultés que peuvent rencontrer les faiseurs de ces petits métiers, d’une certaine manière, ils sont des bénévoles. Ils font aussi face aux dérangements des services des impôts et des taxes municipales. On est obligé dans d’autres cas de croire que ce sont les circonstances qui les obligent à garder ces petits métiers. Car demandons-nous : s’ils abandonnaient ces métiers qu’ils ont eus grâce aux inondations, que feraient-ils ? Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres.

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