La jeunesse togolaise vivant à l’étranger: entre déni et patriotisme

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Six millions : ce chiffre représente la population du Togo en 2009. Cependant, il est difficile voire impossible de déterminer ne serait ce qu’approximativement le nombre de ressortissants togolais vivant à l’étranger. En parcourant des blogs et des forums sur le net, ou que ce soit  en discutant de façon non virtuelle et concrète, plusieurs points de vue importants ont été donnés et gagneraient à être écoutés sur la façon dont les togolais habitant à l’étranger sont perçus en dehors de leur terre. Il est essentiel de préciser que ce sont des propos émanant de Togolais, principalement et qui sont objectivement reportés ici.

Tout d’abord, certains togolais sont d’un naturel très complexé, beaucoup semblent avoir honte de leur pays et ont parfois été surpris à se faire passer pour des personnes d’une autre nationalité telle que des ivoiriens, des béninois ou des ghanéens auraient déclaré plusieurs étudiants africains vivant à Montréal. Les togolais auraient une fâcheuse tendance à minimiser leur potentiel à la fois culturel et personnel. Et pourtant, le Togo et les togolais seraient également aux yeux des autres pays reconnus pour leur humilité et leur hospitalité. Cependant, certains arguments dirait-on leur feraient terriblement défaut : selon l’intervention d’un ressortissant togolais vivant en France, ce serait leur incapacité à faire preuve de solidarité et leur réticence à participer à des projets pour le développement de leur communauté lorsqu’ils vivent à l’étranger.

De ce fait,  la génération des personnes nées à partir des années 90, et peut être quelques unes de la décennie précédente, ont un véritable problème à s’identifier à leur culture, d’autant plus qu’aucun travail, ni démarche n’est effectuée dans ce sens par la communauté togolaise de leur région ou de leur pays de résidence. Ceci, bien entendu sont des faits qui nous été rapportés et qui sont tout à fait discutables. Au fil des années qui passent, rechercher son identité culturelle est devenue une préoccupation profonde et très importante pour certains jeunes togolais (elle couvre la musique, l’habillement, la coiffure, la cuisine etc). Ce terme qu’est l’identité culturelle « est né dans le tiers monde, où de nombreux peuples et civilisations revendiquaient leur autonomie, face à l’hémisphère Nord qui imposait son universalisme ». Les nouvelles générations nées à l’étranger sont en droit d’attendre que leurs associations et leur communauté prennent des initiatives plutôt que de perdre leur énergie en malentendus, chicanes ou commérages en tout genre.

Il est également de la responsabilité des jeunes, de manifester un intérêt pour leur pays et de démontrer leur volonté à marcher sur les traces de leurs aïeux. Un bon nombre de personnes éprouvent une certaine aisance à incriminer les parents en les attaquant avec des préjugés et des arguments  souvent non fondés. Bien évidemment, ces parents ont un rôle essentiel à jouer dans la vie de leurs enfants, leur devoir n’est pas que de transmettre leur héritage matériel et familial mais également de passer le flambeau par l’intermédiaire de leurs connaissances linguistiques, spirituelles et affectives. Certains y arrivent avec un grand succès, mais qu’en est t’il des autres?

Comment peut-on amener ces jeunes que beaucoup de personnes appellent « les déracinés » à mieux connaître leur pays quand ils n’ont pas la possibilité d’y aller? Ou comme dans la plupart des cas, n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour entreprendre ces voyages? C’est bien là que réside une des origines de ce malaise.

Il est vraiment dommage que ces jeunes togolais ne puissent parler du Togo, qu’en le définissant  comme tel :

« Le Togo est tout petit pays coincé entre le Ghana à l’ouest, le Burkina Faso au Nord et le Bénin à l’est, de toute façon il n’y a rien à en dire, rien à y voir, les routes ne sont pas goudronnées.»

Voici des propos durs m’ayant été rapportés par un jeune lycéen togolais vivant à Lyon.

Au milieu de tout cela, nous ne devons pas oublier que certains togolais sont de fins patriotes qui se mobilisent pour organiser des événements tels que le cinquantenaire de l’indépendance cette année à travers le monde entier : notamment au Canada, en France et aux États unis. Une occasion pour la jeunesse togolaise d’apporter sa pierre à l’édifice, de remonter les marches du passé et d’approcher dans l’allégresse la culture son pays.

Il est nécessaire que les togolais, qu’ils soient de l’ancienne ou de la nouvelle génération, togolais vivant au Togo ou ailleurs coordonnent leurs efforts afin d’améliorer leur image à l’étranger et préserver précieusement leur patrimoine culturel. Le Togo « est reconnu pour la grande diversité de ses paysages (une côte de sable fin bordée de cocotiers au sud, des collines, des vallées verdoyantes et des petites montagnes dans le centre du pays, des plaines arides et de grandes savanes plantées de baobabs au nord ». Le port de Lomé est une zone franche qui ne cesse de se développer, de ce fait Le Togo est devenu une plateforme portuaire très importante pour les opérateurs de l’ouest africain. Il regorge de jeunes artistes talentueux, qui émergent. Soyons fiers d’être togolais ! Il est maintenant temps de faire taire ces rumeurs, et de museler ceux qui nous critiquent.

« La jeunesse doit non seulement assimiler tout ce qu’a créé la vieille culture, mais élever la culture à une hauteur nouvelle, inaccessible aux gens de la vieille société ».[Constantin Stanislavski 1863-1938], metteur en scène et professeur d’art dramatique russe.

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