“La révolte des loméenes, 24-25 janvier 1933″- Silvie d’Almeida-Ekue

La révolte des loméennes

La révolte des loméennes

Cet ouvrage historique traite ”du premier mouvement de révolte qu’ait connu la ville de Lomé. Il est écrit par Silvie d’ALMEIDA-EKUE et est paru aux nouvelles Editions Africaines du TOGO. Silvie d’ALMEIDA-EKUE est née à Bobo-Dioulasso en 1950. Elle y fait ses études primaires puis continue à Cotonou, avant d’enchaîner avec les études secondaires et supérieures à Lomé. Professeur d’histoire et géographie depuis 1972, elle a enseigné au Collège Notre-Dame des Apôtres et à Saint-Joseph puis au Lycée 24 Janvier à Lomé. Elle est actuellement en fonction à la Direction du Projet Educationnel en Matière de Population.

Son livre n’est pas “sans étonnantes correspondances avec une actualité très contemporaine”. En 1933, il n’était pas question de démocratie au Togo, le contexte était celui de la grande crise économique de 1929. Les Togolais vivant du commerce voyaient leurs affaires s’effondrer et devaient faire face à d’avantage d’impôts institués par l’administration coloniale. Avec le gouverneur Robert de Guise, le Conseil des Notables de Lomé n’était plus qu’une chambre d’enregistrement. Aussi la population retira-t-elle sa confiance aux notables pour l’accorder aux Duawo, qui l’informaient mieux des réformes fiscales qu’on allait appliquer au début de 1933.

L’arrestation de Gharthey et Johnson, chefs charismatiques du Duawo sera le détonateur de la révolte. Les femmes de Lomé prirent les devants du mouvement, les 24 et 25 Janvier 1933 et exigèrent leur libération et le rejet des taxes accablantes. Pour la première fois, elles firent céder le pouvoir colonial. Leur lutte constitua l’action politique la plus populaire de l’entre-deux guerres en Afrique-Occidentale Française, fédération groupant, entre 1895 à 1958, huit colonies françaisesd’Afrique de l’Ouest. Elle sonna aussi le début de la décolonisation du Togo.

Les Allemands, premiers maitres de ce pays ont mis en place une solide organisation administrative et économique. L’organisation financière était telle que la colonie ne coûtait rien à la métropole et avait un budget équilibré qui lui a valu la dénomination de ”colonie modèle”. Après la première guerre, le Togo passait sous la domination anglaise puis française…

En cette année de célébration du cinquantenaire de notre indépendance, ce livre, véritable chef -d’œuvre de l’auteur vient nous rappeler que la marche vers cette autonomie, malgré sa frilosité de tout temps a été gagné en partie grâce aux courages et à la détermination des femmes. Elles n’avaient aucunement froid aux yeux, mais surtout avaient foi en tout ce qu’elles entreprenaient. Un parallèle avec la situation de nos femmes à ce jour nous met inexorablement dans une situation terrible qui ne confère plus aucun pouvoir ni motivations réelles aux combats actuels. Ces battantes d’aujourd’hui ne semblent pas avoir les mêmes hautes aspirations que leurs aînées, malgré les réalités similaires. Silvie d’ALMEIDA-EKUE retrace ainsi avec un style déroutant, l’origine des Nana Benz et leur implication dans bien d’autres domaines que le commerce.
L’historienne fait là un exercice qui existe peu dans l’univers livresque du Togo. Chiffres et archives à l’appui, elle nous transmet avec autant de réalités que possible un héritage que l’on maitrise définitivement très peu. Ce livre est à dévorer par tout ceux en quête de savoir, les africains et togolais en particulier .


avatar Soumis par le 28 Jul 2010 dans la/les categories A La Une, Arts, Loisirs, Opinions. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

Vos Commentaires et Reactions

Laissez Vos Commentaires Ici



Rejoignez-Nous Sur Togozine











Log in | Born of the vision of Eryck



BACK TO TOP