La tragédie des indépendances

Année jubilaire pour une quinzaine de pays africains qui célèbrent les 50 ans de leur accession à l’indépendance, l’année 2010 offre l’occasion de faire le point sur une histoire relativement brève mais agitée du continent africain. Pour ceux qui se souviennent bien du contexte dans lequel est intervenue cette indépendance, il s’agissait d’une tragique confusion.

Ainsi, au Togo, cette indépendance coïncida avec l’avènement d’une marque de chaussures dénommée “Dodzim mélé” et certaines chansons populaires, dont la plus expressive de l’esprit dans lequel beaucoup de Togolais accueillaient cet événement est celle – ci : “Nyémi le founou fa, essé mou léo”, c’est-à-dire, chiez où vous voulez, il n’y a pas de loi.

Les attentes du peuple togolais et en général de beaucoup d’Africains lors de cette accession à l’indépendance étaient d’abord d’avoir du travail tout de suite quand bien même on venait de son village, qu’on n’avait appris aucun métier et surtout que le nouvel Etat indépendant n’avait même pas encore entamé le processus devant à moyen ou long terme créer des emplois. Mais le plus grave était cette confusion qui faisait croire que l’indépendance est synonyme d’absence de lois, de règles organisant la vie de la cité.

Ces deux exemples montrent en quoi la suite des indépendances ne pouvait être que ce que nous avons connu : des coups d’Etat à répétition, des partis uniques refusant toute liberté aux citoyens.

Cinquante ans après, les Etats et peuples africains sont-ils mieux lotis ? Même si nous n’avons plus des coups d’Etat chaque mois, la tendance à contourner la volonté du peuple, en modifiant des constitutions limitant les mandats présidentiels, à brouiller la vérité des urnes pour s’imposer par la tricherie ou les intimidations rappelle bien curieusement ce refus de la contrainte légale évoquée ci-dessus, qui est d’autant plus grave aujourd’hui, qu’il n’est plus le fait des peuples, mais celui des gouvernants, sensés donner l’exemple.

Oui 50 ans après les indépendances, le grand malheur de l’Afrique est de manquer cruellement de modèles, de références en matière de respect des peuples, de respect du bien commun,en matière de programmes et de stratégies fondant les grands rêves qui édifient les nations, qui inscrivent le destin des peuples et des nations dans une vision qui ouvre les chemins de l’éternité.

Célébrer les cinquante ans de nos indépendances requiert surtout que nous désignions ces modèles et références s’il y en a déjà, et dans tous les cas que nous déterminions le profil de ces modèles et de ces références dont l’Afrique a besoin pour enfin donner un sens à ces indépendances. Tout au long de nos partages et réflexions, c’est le résultat qu’il nous faudrait atteindre, me semble-t-il en veillant à éclairer nos idées d’exemples historiques concrets.

Par Dy Gilid


avatar Soumis par le 26 Apr 2010 dans la/les categories Actualités, Opinions. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

Vos Commentaires et Reactions

Qu'en Pensez Vous?... 2 Reactions deja “La tragédie des indépendances”

  1. avatar
    Pirenam kito

    Le regard doit etre a present porte sur les 50 prochaines annees a venir pour que les enfants de demain nous remercient pour nos efforts.

  2. avatar
    Agbota komi

    Le style et l’innélégance du clan des gnassingbé n’ont pas changé et continue dans l’impunité totale.Qu’ont ils fait pour mériter un tel sort, des citoyens dépourvus de leurs droit de vie et de liberté de pensée.Depuis la dernière élection présidentielles au togo, un scrutin entâché de fraude massif au vue et su de tous, le pouvoir et ses affidés continuent de traquer des honnêtes citoyens membres ou proches de Jean P.Fabre.
    Les forces du terreur(RPT)qui auraient appris que le rescapé De souza kodjovi henri(UFC), serait revenu au bercail, et ont fait une descente musclée dans sa maison familiale.N’ayant apercu l’ombre de ce dernier, c’est sa famille qui est menacée. D’autres personnes qui n’avaient pas eu la chance de fuire ces atrocité ont perdu leur vie. Quelle galère dans laquelle baignent des togolais de l’ufc en general, et proches de Fabre en occurence.
    Ce qui est sûr et certain, quelle qu’en soit la durée de la nuit, le jour apparaitra.

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