Lauren Ekué, une femme et une auteure inclassable

Couverture de Carnet Spunk

Lauren Ekue à la librairie Anibwé

La première fois que j’ai rencontré Lauren Ekué, je me suis dit que cette femme était intrigante. Jeune auteure togolaise, elle présentait son deuxième opus Carnet  Spunk en marge du concert  F.E.L.A à Paris. Elle défendait  ardemment sa vision du monde et je me suis immédiatement  dit  qu’elle avait la tête bien faite.  Elle se confie à Togozine.

Couverture de Carnet Spunk

Couverture de Carnet Spunk

La deuxième fois, nous nous sommes rencontrées à la librairie Anibwé. Ce lieu est un trésor insoupçonné au cœur de la capitale française entre Châtelet-les-Halles  et le Sentier.  Anibwe, qui signifie ouverture en langue akan, est également une maison d’édition et défend la littérature africaine et afro caribéenne. Elle a éditer le premier roman de Lauren Ekué : Icône Urbaine. Plusieurs de leur auteurs dont comme Lauren Ekué  sont issus de la seconde génération d’immigrés en France. Pour eux, il est encore plus difficile d’être publies que les auteurs africains.  Il est vrai que ces nouveaux talents sont inclassables dans les librairies traditionnelles. Avant de rencontrer Lauren Ekué de nouveau,  je me suis renseignée sur son parcours et ai parcouru plusieurs articles la concernant. Cela a confirme mon opinion sur son intelligence mais une pensée me revenait sans cesse en tête en parcourant les images de son blog  : cette femme est belle.

Je ne voulais pas jurer à ces côtés. Vous comprendrez alors que je me sois mise sur mon 31 pour  la rencontrer.  Elle est arrivée très chic, toute de noir vêtue avec  une touche de décontraction déconcertante: des converses scintillantes.  Cette  femme est décidemment audacieuse.

Lauren Ekue à la librairie Anibwé

Lauren Ekue à la librairie Anibwé

Nous entrons dans le cœur du sujet : son deuxième livre Carnet  Spunk est  un essai sur la condition de la femme noire dans le monde.  Elle s’attaque a la question brulante du défrisage et au fait qu’on associe parfois cet acte cosmétique a de l’aliénation.  Parce que la narration se déroule aux Etats-Unis, la veille de l’élection de Barack Obama, cet essai a des saveurs particulières. Elle évoque cette journée historique pour les noirs américains et aussi la victoire de Michelle Obama. Derrière tout grand homme, il y a une femme. «  Un homme de pouvoir gravit  la plus haute marche avec a son bras une femme noire […] Une première dame noire a la Maison Blanche ! » s’exclame-t-elle dans son ouvrage.  Alors que le style de Michelle Obama est  déjà très populaire a travers le monde et plusieurs coiffeurs donne des conseils pour copier son coiffure, aurait-elle du arborer des dreadlocks pour démontrer  qu’elle n’est pas aliénée ?  C ‘est la question centrale auquel  Lauren Ekué répond en parsemant  son récit d’anecdotes  puisées à Lomé, Paris ou New York.  Cette femme est une voyageuse.

Lauren Ekué connaît bien ces trois villes pour y avoir vécu ou séjourné à plusieurs reprises. Originaire d’Aného, ces ancêtres ont toujours regardé vers la mer et  du lointain sang brésilien coule dans ces veines. C’est peut-être pour cela que, de Paris, son regard se porte très tôt de l’autre cote de l’Atlantique. Bercée pas la culture noire américaine,  la musique, les vidéo clip de Janet  Jackson et  Mary J Blige, le rap old school, elle  vivra plusieurs mois a New York. Au Shrine, temple de la culture africaine au sein de Harlem, elle rencontrera de  célèbres intellectuels noirs américains qui la pousseront a faire ce qu’ils réussissent aux Etats-Unis : «  démontrer par diverses innovations artistiques, l’indépendance de leur art, de leur détachement aux codes artistiques blancs sur leur travail ».  Carnet Spunk est  un pas vers ce but. Cette femme est ambitieuse. Carnet Spunk est une étape de plus sur un parcours que nous lui souhaitons glorieux.


Propos recueillis par Yawa

Pour en savoir plus

www.anibwe.com

www.laurenekue.com


avatar Soumis par le 1 Jun 2010 dans la/les categories A La Une, Célébrités, Interviews. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

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