Le groupe Agbadja Blu

Agbadja Blue

Le groupe Agbadja Blu, du nom de son chanteur, prépare actuellement son tout premier album prévu pour la fin de l’année. Mêlant la musique moderne aux rythmes togolais, Agbadja Blu se bat depuis des années pour exister. Inspiré par les réalités de la société, le chanteur Blu écrit des morceaux touchants et originaux aux mots acérés. C’est qu’il a des choses à dire et n’a pas la langue dans sa poche. Reportage au pays de la musique tradi-moderne.

Agbadja blu ? C’est le nom du groupe issu du nom d’artiste du chanteur du groupe. Il vient d’Agbadja, une danse traditionnelle du Togo et blu d’éblu, qui veut dire mélange. Justement, cette musique mêle habilement la musique folklorique du pays et la musique occidentale. Formé de six musiciens, un guitariste, un bassiste, un percussionniste, un batteur, un pianiste et un joueur de guitare acoustique également chanteur, surnommé Blu. L’homme aux dreadlocks parcourant son dos et à la barbiche en bataille crée le groupe en 1999 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. La musique, pour lui, c’est comme un esprit qui le dérange. Une nécessité. Ses parents ne sont pas dans le domaine. C’est plutôt à l’église qu’il commence à apprécier les sons et les instruments. Plus tard, il se perfectionne en Côte d’Ivoire, dans une école de musique de la capitale économique du pays. Depuis, la guerre civile étant passée par là, les membres du groupe s’éparpillent. Combatif, il rentre à Lomé, son pays natal,
pour recréer une structure lui permettant de s’exprimer.

Il écrit seul ses morceaux emprunts de mélancolie même si « le groupe a son mot à dire. » S’il chante en éwé, en français et même en anglais, c’est pour toucher un plus grand nombre de gens. « Je n’ai aucun mérite à parler le français, c’est une langue qu’on m’a vendu sur les bancs de l’école, cela nous vient de la colonisation », affirme Blu, provocateur. Quelque soit la langue, l’essentiel reste le message. « Certains chantent l’amour, moi j’ai choisi de chanter ce qui dérange mon esprit, je n’ai pas peur de gêner, je me sens libre de dire ce qui ne va pas, j’en fais le choix. » Et les sujets d’inspiration de manque pas. « Les enfants jouent dans les flaques d’eau puantes et verdâtres alors qu’elles sont sources de maladie, mais les parents l’ignorent » explique t-il en parcourant les rues de son quartier inondé, soucieux. « Le gouvernement décide et c’est fini. Il ne cherche pas à comprendre la société et à l’aider. On a le phosphate mais on n’a rien », soupire t-il, comme un énième cri du cœur.

L’enregistrement de leur premier album en cours est pour lui l’occasion de marteler ces vérités. Mais Agbadja blu c’est d’abord l’autofinancement et la débrouille depuis
toujours. Il y a peu, le groupe fait la démarche de taper aux portes du Centre Culturel Français (CCF) pour se faire connaître. « On répète dans une salle prêtée par un ami. » En fait, une petite pièce située au fond d’une cour commune. Là, se retrouve une partie du groupe pour une énième répétition. L’ambiance est chaleureuse. A la manœuvre, Blu agence les différents morceaux sur une feuille blanche. Tout le monde est attentif. Il lance le départ. Quelques accords fusent puis il entonne : « I steel waiting for you. »

Ce sera l’un des morceaux présents sur leur album. Les yeux fermés, il chante. Blu accompagne sa guitare du pied. Le temps se suspend. Puis le bassiste suit.


avatar Soumis par le 1 Oct 2010 dans la/les categories Musique. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

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