Malaise social au Togo: ingrédients presque réunis pour sa longévité

Les dernières négociations des principales centrales syndicales du Togo avec le gouvernement, après l’augmentation des prix des produits pétroliers, avaient été perçues par les Togolais comme un fiasco. Ce qui n’empêche pas certains responsables de centrales syndicales de ne pas s’inquiéter du quotidien alarmant de leurs compatriotes.
En ce vendredi du mois d’octobre, au marché d’Adawlato, l’ambiance est celle des grands jours. Le marché grouille de personnes venues faire des emplettes. Une fois celles-ci finies, commence alors la recherche de moyens de transports pour rentrer chez soi. Les plus pressés hèlent les taxis-motos. D’autres, par contre, se dirigent vers la station pour trouver un taxi. Là- bas, une file interminable de taxis qui desservent le quartier Adidogomé, Totsi et Avedji font partie du décor. Les clients arrivent pour le moment au compte-goutte. Il n’est que 14 heures. Et à cette heure, les conducteurs de taxi s’ennuient un peu ; ce n’est pas l’heure de pointe. C’est cet instant de repos que nous avons choisi pour mener notre petite enquête.

Koffi bada, chauffeur de son état, la trentaine, accepte se livrer à l’exercice de l’interview. Dépité par l’augmentation à répétition des prix de produits pétroliers, il manque de mots pour exprimer son désarroi. « C’est la troisième fois que nous avons subi des augmentations ». Pour lui, comme nombre de ces confrères, impuissants, il n’est plus question de se battre comme les fois précédentes. « Avant ces augmentations, les clients d’Adidogomé ne déboursaient que 300 fcfa pour se rendre au grand marché de Lomé. Mais aujourd’hui, il faut 350fcfa ».

Ces transporteurs tirent plus au moins leur épingle du jeu, même s’ils font face aux rackets savamment orchestrés par les hommes en uniformes. Les clients par contre payent le plus lourd tribut. Maman Akouvi comme aime à l’appeler les autres revendeuses vend des légumes. Chaque jour, elle quitte le marché, dégoulinant de sueur, avec deux grands paniers, une fois sa marchandise vendue. Une fois la vente terminée, commence pour elle les problèmes. Contrairement aux autres passagers, elle paye en plus des 350 fcfa, 50 ou 100 fcfa, en fonction des conducteurs, pour les paniers. Si elle prend cette situation avec philosophie, ce n’est pas les cas pour d’autres revendeuses, pour qui le fait de payer de telles sommes pour regagner leur domicile, après de dures journées de labeur, n’intervient qu’après de longs marchandages avec les transporteurs.

Le chien aboie, la caravane passe

Certains syndicalistes, à l’instar d’Ephraïm Tsikplonou, en dépit du décor précité, hésitent à crier haro sur les prix des produits pétroliers. C’était le cas il y a une semaine sur une chaîne de télévision privée de la place.

« Nous avons obtenu des résultats», avait dit M. Tsikplonou, en parlant des discussions menées avec le gouvernement lors de l’augmentation des prix des produits pétroliers. Au regard de la situation sociopolitique que traverse le Togo, les 5.000 fcfa d’allocations obtenus par le sieur Tsikplonou et consorts sauraient-elles permettre au Togo de faire face à l’épineux problème de transports en période de vie chère? Face à ces questions, il est loisible de s’interroger autour des contre-pouvoirs.

Contre-pouvoirs légitime ?

Selon les professeurs Pierre Pactet et Ferdinand Mélin-Soucranien, on ne peut présenter le pouvoir politique sans évoquer en même temps les problèmes de contre-pouvoirs. Selon ces derniers, dans la 26ème édition du manuel intitulé « Le droit constitutionnel », il existe trois types de contre-pouvoirs : institutionnels, politiques et sociaux. Parmi cette dernière catégorie, on note des confédérations syndicales, associations, etc. qui ont pour objectif de limiter la puissance de l’appareil dirigeant.

Malheureusement, pour nombre de Togolais, les contre-pouvoirs ne jouent pas leur rôle. Et il est évident qu’on puisse donner raison à ceux qui partagent cette assertion. Vu qu’au lieu de se battre et obtenir des résultats que tout le monde n’aura pas de mal à reconnaître, on se complait dans une situation peu reluisante. Des exemples qui contribuent à décrédibiliser les leaders syndicaux togolais sont légion. En commençant par leur volte-face, à répétition, qui intervient à chaque fois que s’annonce une opération de débrayage général.


avatar Soumis par le 12 Jan 2012 dans la/les categories A La Une, Chroniques, Société. Pour rester informés des commentaires de cet article, vous pouvez souscrire au flux RSS 2.0. Togozine encourage les débats. Veuillez laisser vos commentaires en bas des articles. Les opinions des rédacteurs/personnes mentionnées sont fournies comme telles et ne reflectent pas systématiquement l'opinion du magazine.

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